La rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, vendredi en Alaska, continue de faire réagir. Si le sommet n’a débouché sur aucun accord de cessez-le-feu en Ukraine, il a suscité une vive indignation à Kiev. Le Kyiv Independent, principal média ukrainien, a publié un éditorial au ton particulièrement sévère, relayé par Paris Match, titré : « Cette rencontre était écœurante. Poutine l’a adorée ».
Selon le quotidien, cette réunion, largement mise en scène mais pauvre en avancées concrètes, a surtout offert au président russe une victoire symbolique. « Sur nos écrans, un dictateur aux mains couvertes de sang et criminel de guerre recevait un accueil royal dans le pays de la liberté — pendant que ses drones d’attaque se dirigeaient vers nos villes », écrit le journal.
Pour la rédaction du Kyiv Independent, si Donald Trump n’a pas obtenu ce qu’il espérait, Vladimir Poutine, lui, a tout gagné : « Dès l’instant où il a posé le pied sur le sol américain, le dictateur russe rayonnait. Loin d’être un paria international, il était enfin accepté – et respecté – par le leader du monde libre. » Le quotidien souligne le contraste avec l’accueil beaucoup plus froid réservé au président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de sa visite à Washington il y a six mois.
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« Poutine ne négocie pas, il prend »
L’éditorial insiste sur ce que la rédaction considère comme une erreur de jugement de Donald Trump : « Le dirigeant russe ne fait pas vraiment de compromis — il prend. (…) Trump ne comprend pas que Poutine n’est pas transactionnel concernant l’Ukraine — il est messianique. Il veut l’Ukraine pour la Russie, point final. »
Dans l’avion qui le ramenait d’Anchorage, le président américain a eu un « long appel » avec Volodymyr Zelensky, selon sa porte-parole, et doit recevoir le chef de l’État ukrainien lundi à Washington.
Pour le Kyiv Independent, cité par Paris Match, ce sommet restera comme un moment symbolique fort — mais pas dans le sens espéré par Kiev : « Les accords avec la Russie ne durent pas longtemps. Mais les images des gardes d’honneur militaires américains déroulant le tapis rouge à un meurtrier ? Celles-là resteront. Et personne ne se souviendra de cette rencontre plus longtemps — ou plus vivement — que les Ukrainiens. »
Jules Maganan



























































