La scène politique béninoise vient de franchir un nouveau cap. À l’issue d’un conclave tenu ce samedi 30 août 2025, le président Patrice Talon et les ténors de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) ainsi que du Bloc Républicain (BR) ont officialisé le choix de Romuald Wadagni, ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, comme dauphin pour la présidentielle de 2026. Une désignation qui scelle l’alliance des deux poids lourds de la majorité présidentielle et conforte l’option de la continuité des réformes engagées depuis 2016.
Mais en marge de cette décision historique, une question fondamentale s’impose : que feront désormais la Renaissance Nationale (RN) de Claudine Prudencio et Moele-Bénin de Jacques Ahadji, deux partis certes membres de la mouvance présidentielle, mais relégués au second plan et laissés hors du conclave décisif ?
Ces formations, déjà dépourvues d’élus et donc incapables de satisfaire à l’exigence du parrainage pour présenter leurs propres duo-candidats en 2026, semblent condamnées à suivre la ligne tracée par le BR et l’UPR. La réalité arithmétique les prive de toute ambition autonome. Toutefois, leur mise à l’écart de cette grande messe politique interroge sur leur véritable poids dans la majorité et leur utilité dans les négociations à venir.
Le choix de Wadagni met ainsi RN et Moele-Bénin face à un dilemme : accepter une nouvelle fois comme lors de la présidentielle de 2021 qui a consacré la réélection du Président Patrice Talon, un rôle subalterne, celui d’“enfant pauvre” de la mouvance, ou tenter de redéfinir leur place à travers une stratégie politique audacieuse. Resteront-ils cantonnés au suivisme, se contentant de cautionner les grandes décisions prises par les mastodontes que sont l’UPR et le BR, ou oseront-ils exiger une reconnaissance politique proportionnelle à leur loyauté ?
À quelques mois d’une transition présidentielle qui s’annonce décisive et surtout avec une mouvance présidentielle qui compte relever le défi de l’« après nous, c’est nous », la réponse de ces deux partis pèsera sur l’équilibre interne de la mouvance. Le choix de la RN et du Moele-Bénin pour ce qui est de la présidentielle de 2026 dira si la majorité présidentielle s’achemine vers une coalition homogène et disciplinée, ou si des fractures latentes viendront fissurer l’édifice politique bâti par Patrice Talon. Dans tous les cas, les enjeux électoraux de 2026 au Bénin marque un tournant décisif pour une recomposition du paysage politique. RN et Moele-Bénin n’ont donc pas intérêt à jouer la mauvaise carte.
Brieux Noureni



























































