Le Sénat béninois a ouvert, ce mercredi 28 octobre 2026, sa première session ordinaire, trois mois après son installation. La cérémonie, organisée au Dôme du Sofitel de Cotonou sous la présidence de Patrice Talon, président de la Chambre haute, a réuni plusieurs personnalités et élus de la République, dont le député Abdoulaye Gounou du Bloc républicain. Figure de la mouvance présidentielle, l’élu de la 4e circonscription électorale a salué la portée du discours prononcé par le Président du Sénat, Patrice Talon, un discours qui selon lui, appelle à repenser la démocratie à partir des réalités propres à chaque peuple.
Abdoulaye Gounou séduit par un discours sur l’appropriation de la démocratie

Pour le député Abdoulaye Gounou, le discours de Patrice Talon se distingue autant par sa profondeur que par la réflexion qu’il suscite sur les modèles démocratiques et leur capacité à répondre aux aspirations des peuples. Il a d’abord relevé le caractère sobre et solennel de la cérémonie d’ouverture.
« La cérémonie d’ouverture de la 1ère session ordinaire du Sénat, ce jour, a été marquée par sa simplicité. C’est une cérémonie fort simple, mais hautement solennelle. Le président Patrice Talon a fait un discours profond et instructif », a-t-il déclaré.
Au-delà de la forme, l’élu du Bloc républicain retient surtout la réflexion développée par le président du Sénat sur la démocratie. Selon lui, les exemples de l’Allemagne, de la Suisse et des États-Unis évoqués dans le discours illustrent la diversité des expériences démocratiques et la nécessité pour chaque pays de construire un modèle adapté à son histoire et à son environnement sociopolitique.
« Dans son discours, le président du Sénat a conceptualisé la démocratie. Partant des exemples européens, notamment l’Allemagne, la Suisse et les États-Unis, le président Patrice Talon a démontré que la démocratie n’a pas un contenu universel. Il appartient à chaque peuple de s’approprier de sa démocratie, de concevoir son modèle de démocratie », a expliqué Abdoulaye Gounou.
Pour le parlementaire, cette appropriation doit permettre de bâtir un système politique qui ne se limite pas à reproduire des expériences étrangères, mais qui contribue véritablement à la transformation économique et sociale du pays. Il plaide ainsi pour un modèle démocratique endogène, conçu en fonction des réalités nationales et orienté vers le développement.
« Plus de 60 ans que nous copions les modèles des autres en faisant du surplace »
Dans sa réaction, Abdoulaye Gounou a également livré une critique appuyée de la reproduction des modèles démocratiques occidentaux en Afrique, qu’il juge insuffisamment adaptés aux réalités locales. À ses yeux, cette démarche mérite aujourd’hui une évaluation approfondie au regard du bilan du développement et des crises institutionnelles traversées par plusieurs pays africains.
« Un modèle capable de faire amorcer le développement, un modèle qui lui est propre, c’est-à-dire endogénéiser le concept. C’est finir les bavardages, les critiques mal fondées, le complexe d’extranéité ; tout ça, il faut les mettre de côté. On veut ressembler aux autres pendant qu’on n’a pas les mêmes réalités », a-t-il affirmé.
Le député estime que l’expérience démocratique héritée de l’Occident, après plusieurs décennies, appelle une réflexion sur ses résultats et sur les possibilités d’adaptation. Il déplore, dans cette perspective, les difficultés persistantes en matière de développement ainsi que les périodes d’instabilité institutionnelle et politique.
« Le modèle occidental européen que nous avons hérité, ça fait 65 ans aujourd’hui. Plus de 60 ans que nous copions les modèles des autres en faisant du surplace en termes de développement. 60 ans d’errements en termes de développement, 60 ans d’instabilité institutionnelle, 60 ans d’instabilité politique », a-t-il soutenu.
Face à ce constat, Abdoulaye Gounou appelle à une pause réflexive, destinée à examiner le chemin parcouru et à déterminer les réformes nécessaires pour construire des institutions en adéquation avec les réalités béninoises et africaines.
« Est-ce que ce n’est pas le temps que nous marquions une pause, qu’on s’arrête pour évaluer, regarder le chemin parcouru, pour nous approprier notre propre démocratie, pour mettre en place des institutions adaptées à nos réalités ? », s’est-il interrogé.
Un discours appelé à nourrir la réflexion juridique
En saluant la démarche du président du Sénat, Abdoulaye Gounou considère que cette intervention ouvre un chantier de réflexion sur la nature de la démocratie, ses fondements et ses modalités d’application dans les sociétés africaines. Enseignant et juriste de formation, il dit avoir été particulièrement sensible à la dimension intellectuelle du propos.

« Je pense que c’est à cet exercice que s’est livré le président Talon et, à mon sens, il a donné de façon substantielle tout ce que nous devons comprendre par la démocratie au Bénin, en Afrique et dans le monde », a-t-il déclaré.
L’élu du Bloc républicain va plus loin en présentant ce discours comme une source potentielle d’inspiration pour les spécialistes du droit public et les chercheurs intéressés par l’évolution des institutions politiques.
« Son discours m’a profondément marqué en tant qu’enseignant et juriste. Ce discours va rester pour nous autres juristes une source d’inspiration, c’est un chantier entier de recherche pour les juristes publicistes. Chacun a eu ce qu’il veut entendre. Moi, c’est ce que je veux entendre que le président Patrice Talon a dit », a conclu Abdoulaye Gounou.
À travers cette réaction, le député met en avant une lecture de la démocratie fondée sur l’adaptation des institutions aux réalités nationales, plutôt que sur la reproduction mécanique de modèles étrangers. Une réflexion qui, selon lui, mérite d’être prolongée dans les milieux politiques, universitaires et juridiques, à l’heure où la question de l’efficacité des institutions et de leur contribution au développement demeure au cœur des débats publics.
Brieux NOURENI


























































